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Profession : conteur

Photo du rédacteur: Suzanne Dansereau
Suzanne Dansereau
2 sept.
3 min de lecture

Daniel Côté a troqué sa carrière contre 24 histoires, un microphone, et un kiosque à la Grande Bibliothèque


L'an dernier, Daniel Côté a vécu deux transitions majeures: il a pris sa retraite et il est devenu grand-papa. Heureux comme un pape, libéré du stress du travail, il a décidé d'écrire des contes pour ses deux petites filles qui venaient de naître. Il en a produit 24, un pour chaque jour du calendrier de l'Avent. Comme il avait accès à un studio d'enregistrement, il les a enregistrés.



Quelques semaines plus tard, sa conjointe a soumis les balados à une connaissance, Caroline Malo, bibliothécaire responsable du développement des services aux aînés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Cette dernière les a tellement aimés qu'elle a proposé à Daniel de donner des séances de conte à la Grande Bibliothèque, à Montréal, dans le cadre de la Semaine québécoise intergénérationnelle en mai dernier.


Le défi s'est transformé en véritable plaisir, me dit-il lors de notre rencontre à la bibliothèque, entre deux séances de lecture.

« Ça m'apporte de la liberté parce que je peux réinventer le monde ! s'exclame-t-il. Comme on dit à la fin de la plupart des contes de fées, ça me permet de vivre heureux et de m'amuser comme un enfant ! »

Raconter des histoires aux enfants a toujours été le dada de Daniel Côté, diplômé en travail social. Il a attrapé la piqûre quand il était enfant, en écoutant les contes du frère Paquette au Patro de Charlesbourg, un centre de loisirs en banlieue de Québec, où sa mère l'envoyait l'été. À l'adolescence, dans le cadre d'un travail de moniteur dans un

camp d'été, c'est lui qui est devenu conteur.

Plus tard, lorsqu'il a pris la direction des programmes du Patro de Charlesbourg – hé oui, le même centre qu'il fréquentait- il a collaboré avec le frère Paquette à l'écriture des contes. Bien entendu, ses propres enfants en ont aussi profité à l'heure du dodo.


Leçons de philosophie


Les histoires que Daniel Côté a inventées sont inspirées de sa vie mais elles sont universelles parce que chacune d'elle touche à un thème universel comme l'amitié, la compétition, la tristesse, l'imagination, la gentillesse contre la méchanceté… Celui ou celle qui s'installe à son kiosque doit en choisir une. Elle dure environ cinq minutes.

amitiécompétitiontristesseimaginationgentillesse

Évidemment, chaque histoire se termine par une leçon de sagesse. Celle que j'ai préférée concerne l'importance de cultiver la gentillesse, plutôt que la méchanceté.

« Car elle est comme l'amour, elle se multiplie quand on la donne »

m'a raconté Daniel avec son sourire et ses yeux ronds.

Toute cette expérience l'a placé dans une phase d'introspection sur sa propre vie.

« Je suis un gars qui a beaucoup investi dans mon travail. J'ai toujours voulu être performant. Mais là, plus besoin. Le fait d'avoir à réfléchir aux histoires, à trouver la petite conclusion, la leçon de vie, ça m'a permis de revoir certains épisodes de ma vie et de régler un certain nombre de choses face à moi-même. »

À son kiosque, Daniel Côté a reçu beaucoup d'enfants et parfois aussi des adultes. Ceux qui ne deviennent pas impatients face à la durée des histoires sortent de la séance apaisés, heureux d'avoir pris cette pause pour cultiver leur imaginaire.

L'expérience a aussi amené Daniel Côté à identifier un rôle pour les personnes âgées dans la société actuelle.

« Avec la frénésie qui nous entoure, les gens sont pressés, stressés. Les enfants le sentent. Peut-être que nous, les personnes âgées, notre responsabilité sociale c'est de les aider à ralentir le rythme. À expérimenter la lenteur. Par exemple, prendre le temps de saluer les gens, de parler à des inconnus. Oui c'est ça notre rôle : initier des conversations. »

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