Le coût financier de l’isolement social
- Suzanne Dansereau

- 3 juin
- 3 min de lecture
Par: Suzanne Dansereau
Dans notre infolettre de mai, nous avons partagé un article de La Presse dans lequel une syndique de faillite raconte l’histoire de personnes aînées ayant tout perdu après avoir été victimes d’arnaques amoureuses ou être devenues accros aux jeux de loterie en ligne.
Dans le premier cas, c’était une femme qui s’est surendettée pour donner à un homme rencontré sur l’internet. Dans le deuxième, c’était un homme qui a perdu tout son argent en jouant en ligne.
Cet article nous a beaucoup interpellé.e.s et vous aussi, chers.ères lecteurs et lectrices !

Vos commentaires sur cet article ont été très riches, nuancés et profondément humains. Ces témoignages nous ont rappelé à quel point l’ennui, l’isolement et le manque de liens peuvent avoir des impacts bien réels sur le quotidien. Car c’est bien ce que ces gens avaient en commun. Voici ce qu’une lectrice a écrit :
« La solitude est un grand fléau pour la société. Une de nos connaissances, âgée de plus de 80 ans, est tombée amoureuse de son arnaqueur et a même continué à lui verser des sommes d’argent en espérant toujours qu’il vienne la chercher pour vivre dans une fameuse maison en pierres. Aujourd’hui, elle vit avec son frère pour pouvoir couper les dépenses. C’est tellement triste ! »
« Cet abandon me brise le cœur, peut-on lire dans un autre commentaire (…) Je vais immédiatement courir vers mes aînés que j’ai la chance d’avoir vivant, mais je me sens impuissante face aux autres et j’aimerais qu’il y ait plus de ressources pour leur prêter main forte.»
La réaction des plus jeunes
Cet article, dit un autre, « tourne le miroir vers nous les plus jeunes. On s’inquiète du manque d’éducation numérique de nos parents ou des personnes âgées… mais cet article nous montre une réalité qu’on porte sur nos épaules. La solitude des aînés est un problème social. Et ça c’est difficile à regarder. La personne qui s’engage dans une relation malsaine sur internet, cherche une connexion qu’elle aurait pu trouver autour d’elle. Avec des proches qui lui tiennent compagnie ».
« L’absence de proches, d’amis, de famille, l’ennui, c’est à la base de ce malheureux phénomène, dit un.e intervenant.e qui a longtemps travaillé avec des aînés isolés socialement. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû intervenir pour faire cesser ces abus financiers et affectifs, écrit-elle. Les personnes âgées sont une mine d’or pour notre société. À quoi bon se priver de leur sagesse ? Être présent pour toutes ces personnes, c’est la moindre des choses. Ne laissons jamais les aînés passer au travers des mailles du filet social. Allons à leur rencontre, où qu’elles soient. »
Car les aînés, eux aussi, ont droit d’aimer et d'être aimés (…) « Ce sont eux qui nous ont appris à aimer et ils ont le cœur pour accueillir tout l’amour du monde, » peut-on lire dans un autre commentaire.
La participation sociale en baisse ?
Chose certaine, « ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on devrait être privé de divertissement et de socialisation » rappelle-t-on.
À ce sujet, une récente enquête de l’Institut national du vieillissement nous apprend que seulement 33 % des personnes âgées de plus de 50 ans participent chaque semaine à des activités sociales ou récréatives. C’est une baisse de 6 points par rapport à l’année précédente. Le coût est le principal obstacle à la socialisation, devant la santé et le manque d’énergie.
Merci encore à toutes les personnes qui ont pris le temps de nous écrire et de participer à cette réflexion collective. Vos messages nourrissent sincèrement notre démarche.




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