Continuer de travailler après 65 ans : un levier de bien être, d’engagement et de liberté
- Alexandre Bédard

- il y a 5 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Pendant longtemps, l’âge de 65 ans a été perçu comme l’âge prescrit de la retraite, trop souvent associé à un retrait de la vie active en société qui passe fortement par le marché du travail. Cette vision tend toutefois à évoluer. L’allongement de l’espérance de vie, l’amélioration des conditions de santé et le désir croissant de demeurer engagé socialement amènent de nombreuses personnes à envisager la

poursuite d’une activité professionnelle après l’âge traditionnel de la retraite. Pour plusieurs, continuer de travailler, souvent à temps partiel ou sous une forme adaptée, représente un choix réfléchi qui procure des bénéfices importants, tant sur le plan social, personnel, cognitif que financier.
Tout d’abord, le travail permet de maintenir un lien fort avec la communauté et favorise la socialisation. Le milieu professionnel est un espace privilégié d’interactions humaines, de collaboration et d’échanges quotidiens. Or, lors du passage à la retraite, certaines personnes peuvent voir leur réseau social se rétrécir, surtout lorsque le travail constituait une part centrale de leur vie relationnelle. En poursuivant une activité professionnelle, les individus conservent un contact régulier avec autrui, demeurent exposés à des points de vue variés et entretiennent des relations intergénérationnelles enrichissantes. Cette présence active au sein de la société contribue à réduire le sentiment d’isolement, reconnu comme un facteur de risque pour la santé mentale et émotionnelle, particulièrement chez les aînés.
Au delà de l’aspect relationnel, le travail contribue également au sentiment d’accomplissement et d’utilité. Après plusieurs décennies passées à développer des compétences, à relever des défis et à assumer des responsabilités, un retrait complet de la vie professionnelle peut parfois être vécu comme une perte de repères. Continuer de travailler permet de mettre à profit son expérience, de transmettre ses connaissances et de se sentir encore utile à la collectivité. Ce sentiment d’utilité joue un rôle fondamental dans l’estime de soi et dans le sentiment d’avoir une place reconnue dans la société. Pour certains, il s’agit aussi d’une manière de donner un sens structurant au quotidien, en conservant des objectifs, des échéances et une routine stimulante.
Sur le plan de la santé, les avantages sont également notables. Rester actif professionnellement procure des bénéfices cognitifs et physiques importants. Le travail sollicite la mémoire, la concentration, la prise de décision, la résolution de problèmes et l’adaptation à de nouvelles situations. Ces stimulations mentales régulières sont associées à un ralentissement du déclin cognitif et à un meilleur maintien des capacités intellectuelles avec l’âge. De plus, même lorsque le travail n’est pas physiquement exigeant, il implique souvent des déplacements, une structure quotidienne et un certain niveau d’activité qui contribuent au maintien de la mobilité et de l’autonomie. L’activité mentale et physique combinée joue ainsi un rôle préventif en matière de santé globale et de qualité de vie.
Un autre aspect non négligeable concerne les avantages financiers liés à un salaire d’appoint. Pour plusieurs retraités, continuer de travailler n’est pas motivé par une nécessité économique, mais par le désir d’améliorer leur confort et leur liberté financière. Un revenu supplémentaire peut permettre de s’offrir davantage de loisirs, de voyager, de pratiquer des activités culturelles ou sportives, ou simplement de mieux faire face à l’augmentation du coût de la vie. Cette marge de manœuvre financière contribue à réduire le stress et à vivre la retraite de façon plus sereine et flexible, sans remettre en question les acquis financiers accumulés au fil des ans.
Il est toutefois essentiel de rappeler que le travail rémunéré n’est pas la seule voie pour bénéficier de ces avantages. Le bénévolat constitue une alternative particulièrement pertinente et accessible. Il permet, lui aussi, de maintenir un lien social, de se sentir utile, de demeurer intellectuellement et physiquement actif et de contribuer positivement à la communauté. À la différence du travail, le bénévolat offre souvent une plus grande souplesse et une liberté accrue quant au choix des engagements, ce qui peut être mieux adapté à certaines réalités personnelles ou de santé ou encore permettre un alignement avec les valeurs.
En définitive, continuer de travailler après 65 ans ne devrait pas être perçu comme une obligation ni comme un renoncement à une retraite méritée, mais plutôt comme une option parmi d’autres pour demeure
r engagé, actif et épanoui. Que ce soit par le travail rémunéré, le bénévolat ou une combinaison des deux, l’important est de pouvoir faire un choix aligné avec ses valeurs, ses capacités et ses aspirations. Dans un contexte où la retraite se réinvente, l’engagement post 65 ans apparaît de plus en plus comme une source de bien être, de sens et de liberté.
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