La participation sociale, pour quoi faire ?

Dernière mise à jour : 30 sept.
Suzanne Dansereau
Il fut un temps où la retraite était synonyme de repos avant la mort. Après avoir travaillé fort, on « se retirait ». Les gens ne vivaient pas très longtemps après avoir accroché leurs patins. Il n’était pas souvent question de se demander ce qu’on ferait après. Et puis, il y avait les petits-enfants ...
Aujourd’hui, notre longévité augmente, et nos parcours de vie sont extrêmement variés. A 65 ans, on n’est plus nécessairement grand-parent et on peut très bien décider de remettre les pieds à l’université ! Ce qui compte, c’est de penser à poursuivre notre participation sociale.
La participation sociale, cela consiste à être engagé dans des activités en interaction avec les autres, à rester lié au monde qui nous entoure. Et c’est une des meilleures façons de vieillir heureux et en santé.
Avez-vous vu le documentaire de Fred Pellerin le jardin de Madame Garceau ? Le célèbre conteur réussit à convaincre une octogénaire de son village de relancer son potager après le décès de son conjoint. Finalement, c’est le village entier qui vient lui donner un coup de main et la sauve de l’isolement social tout en renforçant les liens communautaires.
Voir le lien : https://ici.radio-canada.ca/tele/saint-elie-de-legendes/2015/episodes/361248/madame-garceau-saint-elie-de-caxton
Un peu de gérontologie
Selon la gérontologie sociale, il y a plusieurs niveaux de participation au sein de la société. Pour répondre à nos besoins de base, on peut être seul mais effectuer une activité en préparation pour se connecter avec d’autres; ou être seul mais entouré d’autres personnes.
À un niveau plus élevé, il y a la socialisation : cela consiste à interagir avec d’autres sans accomplir une activité particulière avec eux. Ou encore on collabore avec les autres pour atteindre un but. Les deux niveaux les plus élevés de participation sociale sont celui où l’on aide les autres et celui où l’on contribue à un projet collectif.
Peu importe le niveau – que ce soient des interactions sociales en contexte individuel, des interactions sociales en contexte de groupe, d’activités et de démarches collectives – ces activités sont cruciales pour continuer d'exister et de s'épanouir en vieillissant.
Appeler une amie ou militer
Téléphoner à une amie une fois par semaine pour papoter rallume notre vivacité. Aller au cinéma ensemble nous fait sortir de chez nous et oublier nos tourments. Suivre un cours ou une formation renforce nos capacités cognitives. Pratiquer une activité sportive ou artistique. Faire du bénévolat dans un centre communautaire. Rendre service. Être scrutateur le jour des élections ou se présenter comme conseiller municipal. Produire un livre. Prendre un emploi à temps partiel.
Les buts varient mais ils nous apportent du bien-être. Voir du monde et entrer en relation. Aider et s’entraider. S’impliquer dans un projet collectif. Vivre des activités plaisantes en groupe. Partager des savoirs. Prendre du pouvoir sur les décisions qui nous entourent.
Quels que soient les objectifs et le niveau, la science le confirme : la participation sociale a un impact positif sur la santé physique et psychologique et sociale.
Notre société et nos gouvernements le reconnaissent aussi, et tentent – à divers degrés - d’encourager la participation sociale des personnes aînées.
Depuis les années 2010, au Québec, les politiques gouvernementales font la promotion de ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle :
« le vieillissement actif qui permet aux personnes âgées de réaliser leur potentiel de bien-être physique, social et mental tout au long de la vie et de s’impliquer dans la société selon leurs besoins, leurs souhaits et leurs capacités, tout en jouissant d’une protection, d’une sécurité et de soins adaptés lorsqu’elles en ont besoin ».
C’est dans cette optique qu’est né le mouvement Municipalités amies des aînés (MADA), qui s’est répandu au Québec et un peu partout dans le monde occidental.
Il part du principe que les municipalités peuvent créer des environnements bâtis et sociaux en plus d’offrir des opportunités qui vont réduire les obstacles et favoriser la participation sociale des personnes aînées. Et que ces améliorations vont bénéficier non seulement aux aîné.e.s mais à toute la population.
Concrètement, les municipalités sont à revoir l’aménagement de leurs territoires, en créant par exemple, des parcs, ou d’autres lieux et parcours publics plus facilement accessibles et sécuritaires. Elles réexaminent aussi la programmation de leurs services et activités pour encourager les personnes aînées à sortir de chez elles et prendre part à la vie en société. À Lyon, en France, des maisons de jeunes sont devenus des centres communautaires où l’on organise des rassemblements intergénérationnels.
Il s’agit pour la population vieillissante de prendre sa place et de se mêler aux autres générations pour créer un monde meilleur où il fait bon vivre pour tous.
Parce que comme dit le célèbre gérontologue Alan Walker :
« Quand des années s’ajoutent à la vie, il faut ajouter de la vie aux années ».
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