Comment on fabrique un film en stopmotion

D'abord, on apprivoise l'idée
Tout commence par deux questions : c'est quoi, la médiation culturelle? Et c'est quoi, le stopmotion?
La médiation culturelle, c'est rapprocher les gens de l'art en les invitant à le faire plutôt qu'à le regarder de loin. Pas besoin d'avoir tenu un pinceau depuis l'école primaire. Ce qui compte, c'est l'envie d'embarquer et de créer quelque chose ensemble.
Le stopmotion, c'est l'animation image par image. On place un personnage, on prend une photo, on le déplace d'un poil, on reprend une photo. Mises bout à bout, ces images donnent l'illusion du mouvement. Pour bien saisir le principe, on regarde quelques courts films en groupe. On observe comment un personnage marche, comment un décor installe une ambiance, comment une histoire de trente secondes peut faire sourire toute une salle.

Puis, il faut passer de l'observation à l'action. Notre film va se construire en plusieurs étapes : imaginer une histoire, créer les personnages et les éléments du décor, préparer les mouvements, puis photographier chaque scène une image à la fois. Mais avant de savoir comment tout cela va fonctionner, il faut accepter de commencer.
Au début, on sent une petite hésitation. Choisir une histoire ensemble, fabriquer des personnages en papier, imaginer comment les faire bouger : ce n'est pas exactement une activité habituelle. Tranquillement, l'histoire se construit, les personnages se dessinent, les décors prennent forme sur la table.
Un cadre qui structure sans enfermer, exactement ce qu’il fallait pour transformer l’hésitation du départ en après-midi de création. Les participantes ont accepté de ne pas tout comprendre dès le départ. Après une courte explication du stop motion et le visionnement d’un film qui ressemble à ce que nous aimerions créer, elles ont accepté de se lancer, de faire confiance au processus et de découvrir la suite en chemin.
Au fond, c’est ça que nous cherchions à faire avec cet atelier : rassembler l’art, la technologie et la participation sociale pour créer quelque chose d’inattendu. Le stop motion nous a permis d’explorer le vieillissement autrement, de jouer avec le mouvement et de créer ensemble, sans avoir besoin de tout maîtriser au départ. Et le résultat est magnifique. Un film créé par le groupe, qui sera bientôt partagé et qui gardera la trace de cette aventure collective.
Un projet inusité qui a demandé de la rigueur, du plaisir et de la persévérance. Une collaboration entre les participant·es, dans le respect des idées et du rythme de chacun, pour atteindre un objectif commun. Une belle réussite collective.
Pour nous, c’est ça, la médiation culturelle : créer les conditions pour que quelque chose de nouveau puisse arriver, puis laisser le groupe s’en emparer.
Mission réussie.
Je laisse le mot de la fin aux deux animatrices de Jeli Creative Studio, qui ont accompagné le groupe tout au long de cette aventure et qui résument à leur façon leur expérience.
Nous aimons l'idée de rendre accessible ce type de pratique artistique, pourtant souvent perçue comme réservée aux professionnels. Le stop-motion demande habituellement énormément de temps : 2 à 3 secondes de film peuvent être produites en une journée, et jusqu'à 5 secondes avec une grande équipe. En deux ateliers, les participant·es ont pourtant créé ensemble 26 secondes de film.


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