Dans les coulisses de notre film en stop motion

Le stop motion permet de donner vie à des objets et des personnages grâce à une succession de photographies. Avec Jeli Creative Studio, les participant·es découvrent cette technique tout en stimulant leur créativité et leur imagination.
Une expérience collective où chacun·e contribue à créer un court film, de l’idée jusqu’à l’animation.
Atelier 1 : Et si on faisait un film?:
Au départ, il faut une idée. Une histoire simple, un décor et quelques personnages. Je leur explique qu’un film en stop motion repose sur trois choses : un mouvement, un fond et une histoire.

Après une courte formation sur le stop motion et quelques exemples de films pour nous inspirer, je présente les contraintes qui vont devenir notre terrain de jeu. Combien de personnages? Quelle taille? Combien de temps pour notre film?
On veut parler du vieillissement, mais surtout pas de façon plate. Pas question d’installer notre personnage dans un salon et de raconter la vieillesse à travers l’immobilité. Très vite, le mouvement devient le fil conducteur de notre histoire. Bouger pour symboliser la vie, le plaisir et l’élan, mais aussi pour parler de quelque chose de plus fragile : la difficulté que plusieurs personnes peuvent vivre lorsqu’elles doivent retrouver leur mobilité et leur autonomie après une chute.

C’est comme ça qu’apparaît l’idée de la roulade. Un geste un peu surprenant, ludique, qui met immédiatement notre personnage en mouvement. Et pour l’accompagner, quoi de mieux qu’un parc?
Puis, une belle coïncidence vient compléter l’idée. Une participante a apporté une magnifique aquarelle du parc Laurier. Et si on l’agrandissait pour en faire notre décor?
L’idée est adoptée. La roulade, le parc, le mouvement : tranquillement, notre façon de raconter le vieillissement prend forme.
Loin de limiter les idées, ces balises nous aident à construire ce qui va pouvoir être animé. Une participante le résume parfaitement :
« J’aime ça parce qu’il y a un thème et des consignes, mais on peut faire à notre tête. »
Création des personnages, du décor et du texte
Tout se construit un peu en même temps. Moi qui avais préparé des fiches d’atelier et imaginé des groupes bien précis, je réalise rapidement que le brainstorming et la créativité du groupe m’obligent à revoir mon plan.

Le groupe imagine les mouvements, écrit les répliques et réfléchit aux éléments qui pourront bouger dans la scène : une guitare, un calendrier, un sablier qui s’invite dans l’histoire. Pendant ce temps, les artistes dessinent les personnages et fabriquent le protagoniste ainsi que les différents éléments qui devront être animés. Avec le temps qui file, les participant·es se proposent même de terminer certaines pièces à la maison. Chacun met la main à la pâte, à sa façon.
C'est souvent là que la magie opère. Au départ, certaines personnes hésitent. Puis les idées fusent, les personnages prennent un nom, une personnalité, et l'histoire se construit tranquillement autour de la table.
Entre deux rencontres, on peaufine
Avant le tournage, l'équipe de spécialistes valide les éléments créés avec Amélie. Certains sont numérisés pour ajuster leur taille, afin que le personnage ne soit pas plus grand que la maison ni l'oiseau plus gros que le nuage.
Atelier 2 : animation des mouvements

Le grand jour arrive. On commence par enregistrer les voix : les participant·es prêtent la leur aux personnages et lisent le texte qu'elles et ils ont écrit. Ces enregistrements servent ensuite de guide pour savoir combien d'images il faut par scène.
L'équipe d'animation explique ensuite les mouvements à réaliser et donne les consignes de base : on ne touche pas à
la caméra, on ne bouge pas le décor, on retire ses mains avant chaque photo. Puis on anime. On déplace, on photographie, on recommence. Image après image, l'histoire prend vie.

Et au bout du compte?
Un film, bien sûr, qu'on découvre ensemble lors d'une projection. Mais surtout un groupe qui a appris une nouvelle technique, partagé des idées, négocié la couleur d'un nuage et ri beaucoup. Parce qu'au fond, comme le résumait une participante :
« à notre âge, il faut avoir du fun et s'amuser en groupe ».
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