Jenny Sauro
Dans cette chronique je vous proposerai des ouvrages de tout genre. Parutions récentes ou passées en espérant nourrir votre appétit par de nouvelles découvertes.

Ce mois-ci je vous présente
Un roman de Marc Séguin
Jenny Sauro, éditeur Leméac, paru en juin 2020
ISBN : 9782760948280
À propos de l’auteur : Marc Séguin est graveur, peintre, metteur en scène, cinéaste, écrivain. Pour faire court, on dit un artiste multidisciplinaire.
J’ai lu tous les romans de Marc Séguin et je les ai tous aimés. La manière qu’il a de dépeindre ses personnages est particulière, ils ne sont ni bons ni méchants, ILS SONT, sans jugement. C’est le cours de l’existence qui laisse ses traces. La famille, le passé, des secrets, des drames, des peurs, des désirs, des amours, des abandons, des blessures, des joies. On les sent portés par un désir de compréhension et de dénouement. La trame des romans se déroule dans un rythme propre à chaque personnage. Pas de faux emballages, pas de raccourcis, juste ce qu’il faut pour vouloir les suivre jusqu’au bout.
Jenny Sauro est morte le 29 décembre à 36 ans. Elle s’est noyée en sauvant son fils Arthur âgé de 6 ans. Ils vivaient avec Émile le père de Jenny, sur le bord d’un lac juste à la sortie du village de North Nation. Cet accident tragique laisse le village entier sous le choc.
Au fur et à mesure de la lecture on suit le parcours de cette jeune femme, qui très tôt a eu à faire face à des évènements difficiles et malgré son jeune âge, elle ne semblait jamais surprise de la tournure des choses comme si elle avait su ou anticipé. Pourtant chaque blessure avait laissé sa trace. Les espoirs et les rêves se sont fanés et une vie toute simple, sans artifice, lui convenait très bien.
« Parfois elle riait de tout et se sentait légère. Jenny Sauro, comme l’auteure du seul autre roman qu’elle se souvenait d’avoir lu, avait appris à vivre entre sa détresse et ses enchantements. »
Émile avait aménagé la maison afin de préserver une certaine intimité pour Jenny et Arthur. Un rythme s’était installé, ensembles ou séparés il y régnait une certaine harmonie, baignée de tendresse et de respect. À la mort de Jenny il se retrouve donc seul avec Arthur son petit-fils et c’est par lui et pour lui qu’il réussira à surmonter une douleur qu’il est incapable de nommer :
« une peine inattendue qui ne ressemblait en rien à la fuite de sa première femme ni au fait qu’il avait élevé presque seul sa fille, pas plus qu’à la mort de Mireille, sa seconde épouse. »
On organise les funérailles. Les amis et voisins se remémorent les conversations, les gestes. Tous ont peine à croire que le corps emporté sous la glace n’est pas parmi eux!

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Bonne lecture!


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